La micropaléontologie étudie les micro-organismes fossiles (foraminifères, ostracodes, diatomées, radiolaires, dinoflagellés, coccolithophores, etc.) à travers leur morphologie, leur composition et leur répartition spatio-temporelle afin de reconstituer l’histoire de la vie et des environnements passés. Les recherches portent sur leur évolution, leur diversité, leur systématique, leur écologie et leur paléobiologie, en s’appuyant sur une approche pluridisciplinaire intégrant la géologie sédimentaire, la biogéographie et la géochimie. Grâce à leur abondance, leur excellente conservation et leur évolution rapide, les microfossiles constituent des bio-indicateurs de référence en biostratigraphie, paléoécologie, paléo-océanographie et paléoclimatologie. Les analyses morphologiques, isotopiques et géochimiques permettent de reconstituer avec précision les variations de température, de salinité, d’oxygénation, de productivité biologique, du niveau marin et des apports continentaux.
Les microfossiles sont particulièrement utilisés pour étudier les variations climatiques du Quaternaire. Les assemblages micropaléontologiques enregistrent les changements des milieux marins et côtiers ainsi que les événements extrêmes (tempêtes, tsunamis, sécheresses, inondations et variations rapides du niveau marin), offrant des archives essentielles pour comprendre leur fréquence, leur intensité et leurs impacts. Ces données constituent également des références précieuses pour évaluer les effets du changement climatique actuel et améliorer les modèles de prévision des risques côtiers. Au-delà de leur intérêt fondamental pour la compréhension de l’évolution de la biosphère et des interactions entre climat, océans et écosystèmes, les microfossiles présentent de nombreuses applications en géologie appliquée, notamment en exploration pétrolière et minière, en gestion des ressources en eau et dans les études environnementales.